Leila Akli: « Les femmes algériennes ont l’entrepreneuriat dans leur ADN »


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Dernière modification: 22.11.2016

On débute notre section « Madame Business » avec Leila Akli , à la tête de l’agence Pi- Relations, qui partage avec nous sa success-story.

Leila Akli nous reçoit dans son bureau au centre ville d’Alger. C’est là qu’elle a lancé Pi- Relations, cette agence de relations publiques, fin 2012.

Leïla Akli, Présidente du premier Women Entrepreneur's day à Alger
Leïla Akli.

Avec une équipe de douze personnes à sa charge, Leila gère tous types de campagnes destinés aux plus grandes multinationales comme Nestlé, Canon ou Siemens.

Dans une logique de continuité naturelle, Leila a toujours travaillé dans des grandes multinationales, essentiellement dans le domaine des télécommunications étant passionnée de nouvelles technologies et du monde digital. D’abord, Leila a travaillé chez un opérateur de téléphonie mobile. Ensuite chez un constructeur, puis dans un groupe de communication pour lancer sa propre filiale RP. Enfin, elle a décidé de franchir le pas vers sa véritable passion.

Tinhinen magazine: Pourquoi choisir le RP ?

Leila Akli: Travailler dans une entreprise, c’est toujours le même fil conducteur, le même sujet et on peut rarement sortir du cadre initial. Dans le RP, chaque semaine est une nouvelle aventure, un nouveau sujet. J’ai travaillé avec mes équipes sur des sujets comme l’agriculture, la santé, des inaugurations d’usines automobiles…On a lancé aussi une marque de cosmétiques il y a quelques jours… Ce sont des sujets complètement différents, des univers différents avec des personnes différentes, et c’est un immense enrichissement.

Le fait d’être une femme à la tête d´une entreprise joue-t-il un rôle ?

Dans la communication, il y a beaucoup de femmes. J´ai beaucoup de collègues femmes. Mais dès qu’on monte un peu dans les échelons hiérarchiques et qu’on parle de stratégie de marque, de conseil de coaching… là c’est déjà plus compliqué. Car quand un PDG vient chez nous et il voit que c’est une femme qui va le coacher, il imagine plutôt un grand monsieur avec une moustache de préférence. Ce qui correspond davantage à des a priori par rapport à l’âge bien plus que par rapport au genre. Donc ce n’est pas vraiment un obstacle d´être une femme dans la communication.

Quels obstacles avez vous rencontré ?

Quand on débute, on fait tous les métiers. On est comptable, commercial, secrétaire… et ça permet d’avoir une vision assez globale de l´entreprise. Ça prouve qu’on a le sens de l´initiative, qu’on est courageux . Car il faut beaucoup de courage pour renoncer à un salaire mensuel qui tombe tous les mois pour aller vers quelque chose qui n’est pas vraiment sûr. Il faut beaucoup de persévérance. Et ce n’est pas facile. Surtout au début, on doit construire son entreprise, convaincre les gens de nous faire confiance et de travailler avec nous.

Vous parlez d’une sensibilité chez les femmes pour entreprendre, en quoi cela consiste?

Je suis convaincue que nous, les femmes algériennes, avons des prédispositions pour être manager. Parce que très souvent ce sont les femmes qui gèrent le ménage, le budget, les agendas, le transport, la lessive… on appris de nos mères et de nos grandes mères. On possède cet ADN de l’entrepreneuriat. Vous pouvez demander à n´importe qui s´il a dans son entourage une femme qui fait des gâteaux chez elle, une femme de ménage entrepreneuse, une couturière… Et c’est sûr qu’il en connaît.

Même si elles ne sont pas considérées comme des entrepreneuses, il y a beaucoup des femmes qui s’assument économiquement, qui apportent des revenus au foyer et qui travaillent de manière indépendante. Très souvent elles font deux ou trois métiers. Après, comment transformer et structurer pour créer de grandes entreprises? Je pense que c´est possible. C’est peut-être en accompagnant ces femmes qui savent déjà entreprendre et manager des équipes pour créer une vrai entreprise.

La femme entrepreneure a-t-elle un soutien de la société algérienne?

Très souvent, la femme entrepreneure est mal vue, parce que dans la tête du commun on ne peut pas être une femme entrepreneure et mère de famille. Ou être une femme entrepreneure et gérer correctement son foyer, être une femme entrepreneure et épouse. Tout ça est faux. Il faut que nous, femmes déjà entrepreneures, puissions le dire: aujourd’hui on peut tout faire. Pourquoi faudrait-il choisir ou se contenter d’un seul rôle?

Un message pour encourager ces femmes qui hésitent toujours à se lancer dans leurs projets ?

Quand on se donne les moyens, la force, la persévérance, on ne peut que réussir. Pour moi, le seul frein est celui qu’on se met nous mêmes. Donc, entreprendre et ne pas réussir, ce n’est pas un échec. Moi, j’étais entrepreneure une première fois, ça n’a pas marché du premier coup. Car j´ai fait des mauvais choix et je suis retournée dans le monde du travail où je suis redevenue employée. Après, j’ai mieux repensé mon business-plan et j´ai appris de nouvelles choses. Mais surtout, à ne pas refaire les mêmes erreurs.

 

 

Leila Akli madame business RP travail

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